mardi 28 avril 2009
HISTOIRE D'M PAR GONZAGUE SAINT BRIS
Maïnaphrodite (M) : Qu’est ce que l’érotisme, à tes yeux ?
Gonzague(G) :L'érotisme ne peut pas être un anniversaire étant donné que c'est une secousse, une caresse et un soleil. En revanche, ma petite Maïna, d’avoir désirer regarder quarante ans en arrière permet de faire avancer le désir.
M : Comment as-tu vécu le désir depuis 40 ans ?
G : Le désir érotique pour un adolescent, c’est d'abord une image. Comme disait Charles Baudelaire, l'image est une passion. Moi, je tremble fébrilement quand je regarde des catalogues de nus d'autrefois ; quand je tombe sur des tableaux de Delacroix, sur lesquels étaient peints des épaules, des chairs, des seins, je suis fasciné. Donc l'image non seulement provoque le désir mais le contient.
M : As-tu l'impression que l'érotisme de ces quarante dernières années a changé l'image de la nudité et celle du fantasme ?
G : Le fantasme est une image qui bouge, change avec des générations et les années, qui changent avec les secondes de la vie ; mais pour autant il ne bouge pas la souveraineté de l'image érotique. Celle-ci reste toujours aussi forte quel que soit le fantasme qui la déclenche.
Dans notre enfance, on avait la possibilité de regarder des images avec des légendes, comme par exemple celle de la bataille de Marignan. Maintenant nous sommes arrivés à une civilisation inculte, car nous avons des images sans légende. Maintenant les gens reçoivent des milliers et des milliers d'images sans légende. Cela ne veut pas dire qu’ils sont moins cultivés mais signifient qu'ils reçoivent un terreau énorme pour leur imagination mais sans explication. C’est d’autant plus handicapant pour les générations futures. Etre milliardaire en image, c’est posséder des sensations, posséder des impressions et des contemplations ; c’est est une vraie richesse non matérielle. Il faut continuer à la cultiver mais réinsérer des légendes aux images !
M : Qu'est-ce que le Glamour?
G : Le glamour, c’est, d’abord, une certaine propreté de l'esprit ! Le glamour est une espèce d'anneau d'or qui cerne, qui enchâsse, qui prend par la taille la Beauté.
Le glamour, c’est une couche supplémentaire de brillance sur la vie quotidienne. Le glamour finalement, c'est un fil magique pour passer dans un autre monde.
M : Le glamour a-t-il changé en 40 ans ? Et Les gens se disent-ils qu’ils ont envie de passer dans un autre monde de manière différente ?
G : Nous sommes nombreux sur cette terre et chacun de nous désire de manière différente. C'est une énorme industrie de satisfaire tout le monde dans cette demande qui est essentielle et qui est parente de l'identité de chacun. Il est tout à fait normal, quand on est des milliards d'êtres humains, de vouloir rester unique et le glamour, c'est une soupape de sécurité pour que chaque cas reste unique dans un monde de masse.
M : Est-ce que la manière de faire l’amour a changé ?
G : Moi je connais très bien les années 70 car j'avais 20 ans. C’était vraiment de grandes années de liberté, d’équilibre, d’épanouissement, d’imagination amoureuse. A Paris, le sexe, c’était l'obsession du style !
70 était plus chaude que 69 ! Mais ce qu'il y a de merveilleux avec l'érotisme, c'est qu’il n’est pas loin du style. L'érotisme est civilisé et bestial à la fois. Il est bestial car il préserve la pulsion de la vie et il est civilisé dans les approches, les caresses, ce qui permet au génie sensuel d'un être de s'exprimer avant l'amour physique.
M : Tu as l’image d’une romantique version moderne…Comment vis-tu cette étiquette ?
M : As-tu une crainte concernant le futur ?
G : Ces quarante ans mérite de recevoir l’industrie du regret. En effet, nous sommes tous nés de l'après-guerre et du baby-boom. Maintenant il faut s'intéresser à nos enfants pour qu’ils puissent avoir des idéaux. En tout cas c’est ce que je m’emploie à faire à travers mes actions dans les radios libres, les journaux et la création de « La foret du livre ».
M : Quel mot définit pour toi ces quatre décennies ?
G : Bonheur ! Le bonheur est une invention récente. Il n'existait pas avant 1969. Avant 69 , on a essayé de nous faire croire que le bonheur est un moment qui dure, ce qui est une supercherie totale En effet, le bonheur un moment éphémère que l'on a la chance de vivre, comme être assis dans un avion vers une destination paradisiaque, être au bord d'une rivière, partager un café avec quelqu'un qu'on a connu cinq minutes auparavant. Avant 69, personne ne nous apprenait à apprécier ces instants-là. C’est pour cette raison que je dis que le bonheur n’existait pas avant 69.
A propos de ses 40 ans, je citerai le conseil de Richard Wagner qui disait que la gaité, c’est le secret des vaillants. En effet, il faut toujours aller à sa recherche sans jamais désespérer. Pour résumer ces quatre décennies je citerai deux phrases :
Honoré de Balzac : « J’appartiens à ce parti d'opposition qui s'appelle la vie », car quand on est dans la vie toujours dans l'opposition avec des gens.
Saint Augustin : « Si tu veux être heureux, désire ce que tu possèdes déjà », c'est-à-dire regardez votre mari ou votre femme et dites vous qu’elle/il est pas mal.
M : Comment vois-tu la vie en couple en 2009 ?
G : Contrairement à ce qu’on l’on essaie de nous faire croire la culture par la contemplation est en marche. C’est pourquoi Il faut explorer de nouvelles façons d’aborder la vie en couples. Par exemple, je trouve que le go between, c'est-à-dire les clubs de rencontres, est une belle invention pour que les individus se trouvent et apprennent à s’aimer. Et surtout il faut se sentir libre dans la déclinaison du temps. Quelle importance d’être ou non fidèle
Commentaires
gg :Maïna, n'as tu pas peur de perdre des lecteurs de ton blog avec un article si long" ?
moi je citerai Cornaboeuf : "un cul ,çà doit sentir le cul, pas la rose !"
autrement, pour la 1ère partie de l'interview, "le déluge d'images sans légendes" est à rapprocher d'une société (voire une civilisation!) qui flatte l'affect, le sentiment (bon ou mauvais) au détriment de l'exercice de la raison... un énième avatar "libéral" en somme...
gonzig 5 bras
...et le gween bito il connait
O et M meme histoire ? vous, comme punie, au coin,liée, contre un rideau qui ne débouche sur rien, soumise et au rebut, devenue objet ...la soumission et l'abandon ,romantique?
une petite citation pour détendre l'atmosphère, de Wagner là aussi : "plus le morceau est long,plus le concert dure" (elle est bien bonne !)
sinon: Ivanoé un jour, walter scott (scoot) toujours !
vive le romantisme ! à moi Werther ! au clair de lune Orphée et Eurydice se grattant le trou du luth ! l'ami Gonzague frénétiquant du glandulaire et de l'imaginance devant les sardanapaleries de delacroix !
Bonsoir,
Avec des amis, nous avons créé un blog qui a pour but d’exposer les œuvres littéraires des internautes. Les participants nous envoient leurs textes (poésies, nouvelles, théâtre...), et les meilleurs sont sélectionnés par notre jury puis publiés sur le blog dans un article qui présente le texte et met un lien vers le blog de l’auteur.
Nous faisons également des critiques de livres, ainsi que des chroniques sur la photo, le ciné…
En espérant t’y apercevoir bientôt et peut être te voir participer : http://le-hangar.cowblog.fr
Hazel, du Hangar.
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